La perception qu'a la société brésilienne de la différence entre les salaires du secteur public et du secteur privé est-elle justifiée ?

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Chercheur principal : Eduarda Miller de Figueiredo

Titre de l'article : LA RÉPARTITION DES SALAIRES ET L'ÉCART ENTRE SECTEURS PUBLIC ET PRIVÉ AU BRÉSIL

Auteurs de l'article : Walter Belluzzo, Francisco Anuatti-Neto et Elaine T. Pazello

Lieu de l'intervention : Brasil

Taille de l'échantillon : 110.433 observations

Secteur: Marché du travail

Type d'intervention : Entretien sur les perceptions du système politique.

Variable principale d'intérêt : La paie

Méthode d'évaluation : Autres - Régression quantile

Au Brésil, durant l'année de l'étude, les salaires du secteur public étaient perçus comme inférieurs à ceux du secteur privé, une perception acceptée par les fonctionnaires car la perspective d'une retraite avec une pension complète compensait cet écart. Selon Foguel et al. (2000), compte tenu des caractéristiques de chaque secteur, l'écart salarial entre les secteurs se réduit, mais reste nettement plus favorable au secteur public. 70 % de l'écart salarial total est lié au niveau d'études.

Dans ce contexte, la recherche visait à analyser la distribution conditionnelle des salaires, en conciliant la perception de la société brésilienne selon laquelle les salaires du secteur privé sont supérieurs à ceux du secteur public.

Contexte d'évaluation

Cette étude s'appuie sur les données de l'Enquête nationale auprès des ménages (PNAD) pour analyser l'écart salarial entre les secteurs public et privé. Les auteurs présentent dans leur article une comparaison des données de 1995 à 2001.

Les données des deux années mentionnées précédemment ont révélé une augmentation du nombre de travailleurs âgés dans le secteur public, ce qui signifie une main-d'œuvre plus expérimentée. On a également constaté une progression du niveau d'instruction chez les employés du secteur privé : 35,5 % des travailleurs du secteur public ont suivi 12 années de scolarité ou plus, contre 10,8 % dans le secteur privé.

On a également observé une augmentation de l'écart salarial entre 1995 et 2001, le salaire brut présentant un différentiel de 0.28 en 1995 et passant à 0.40 en 2001, et le salaire standardisé...[1] Elle est passée de 0.45 à 0.57 au cours de ces années.

Détails de la méthodologie

L’étude a utilisé la base de données PNAD, incluant toutes les personnes âgées de 16 ans et plus résidant en zone urbaine et ayant un emploi au moment de l’entretien. Parmi ces personnes, seules celles exerçant une activité civile non agricole, avec une durée de travail hebdomadaire comprise entre 20 et 70 heures, ont été retenues. L’échantillon final comprenait 110 433 observations, dont 17 028 (15,42 %) concernaient des employés du secteur public et 93 405 (84,58 %) des employés du secteur privé.

Pour mesurer l'écart salarial moyen entre les secteurs, les auteurs ont suivi la littérature existante en utilisant le modèle de moyenne conditionnelle avec le logarithme du salaire, un vecteur de caractéristiques individuelles et une variable binaire indiquant l'appartenance au secteur public ou privé. Cependant, cette approche de Foguel et al. (2000) repose sur l'hypothèse que les variables n'affectent que la position dans la distribution des salaires, et non sa dispersion ou sa forme.

Compte tenu de ce qui précède, l'article présenté ici a cherché à adopter une approche différente, visant à permettre aux covariables d'influencer la position, la dispersion et la forme de la distribution des salaires. À cette fin, des méthodes de régression quantile ont été utilisées, le modèle de base fournissant une mesure directe de l'écart salarial, l'effet des covariables étant fixé pour chaque quantile. Dans le modèle général, la mesure de l'écart salarial s'effectue quant à elle par une analyse contrefactuelle, suivant les travaux de Foguel et al. (2000).

De plus, l'étude a estimé des modèles indépendants pour chaque région du Brésil : Nord, Nord-Est, Centre-Ouest, Sud-Est et Sud. Chaque modèle comporte une séquence de quantiles compris entre 0.05 et 0.95, avec des intervalles de 0.05, soit un total de 38 modèles par région.

Résultats

Les résultats concernant l'écart salarial standardisé entre les secteurs privé et public au niveau municipal démontrent que cet écart favorise les employés du secteur public, et ce dans toutes les régions. Cependant, cet avantage ne se manifeste que dans la partie inférieure de la distribution des salaires ; autrement dit, à mesure que les salaires augmentent, l'avantage diminue et peut même devenir négatif. Il apparaît donc que les personnes aux salaires les plus bas bénéficient d'un avantage plus important par rapport au secteur privé. Les régressions portant sur les salaires bruts au niveau municipal montrent que l'avantage du secteur public disparaît sur l'ensemble de la distribution des salaires, à l'exception des régions Nord et Nord-Est.

Au niveau étatique, les résultats continuent de démontrer un avantage du secteur public sur le secteur privé pour la quasi-totalité de la distribution des salaires. Cependant, l'analyse des résultats relatifs au salaire brut du secteur public étatique révèle un léger décalage vers la gauche des courbes, bien que ce décalage soit beaucoup moins marqué que pour le secteur public municipal.

Au niveau fédéral, les résultats montrent que l'écart salarial est toujours significativement positif et supérieur à ceux observés aux niveaux municipal et étatique. On constate toutefois que cet écart tend à être plus faible pour les salaires les plus élevés, à l'exception de la région Sud.

L'analyse contrefactuelle a été menée uniquement au niveau national, sans résultats distincts pour chaque région du Brésil.

Figure 1 : Densités marginales vs. contrefactuelles – Standardisées vs. brutes

Figure 2 : Différences entre la distribution marginale et la distribution contrefactuelle

L'analyse contrefactuelle a été menée uniquement au niveau national, sans résultats distincts pour chaque région du Brésil. Les résultats ont démontré que, lors du passage des salaires standardisés aux salaires bruts, les densités contrefactuelles déplacent légèrement la masse vers la droite, tandis que les densités marginales la déplacent légèrement vers la gauche. Ceci suggère une réduction du niveau des écarts ; toutefois, la même tendance se maintient. quantis Concernant la répartition des salaires.

Les résultats obtenus confirment donc que la perception, au sein de la société brésilienne, d'une inégalité salariale entre le secteur public et le secteur privé se vérifie pour les salaires les plus élevés des administrations étatiques et municipales, notamment lorsqu'on considère les salaires bruts sans standardisation du temps de travail. En revanche, pour les fonctionnaires fédéraux, les écarts sont positifs pour tous les quantiles de la distribution salariale, qu'il s'agisse des salaires bruts ou standardisés. Une explication possible, avancée par les auteurs, de cette perception de différenciation salariale entre les secteurs réside dans le fait que, d'un point de vue d'économie politique, les groupes aux salaires les plus élevés disposent également de la plus grande capacité d'expression et d'influence sur l'opinion publique.

Leçons de politique publique

L'idée reçue selon laquelle les salaires du secteur public sont inférieurs à ceux du secteur privé ne se vérifie qu'au niveau des États et des municipalités. Cette perception est contredite en ce qui concerne les salaires de la fonction publique fédérale. Cela pourrait s'expliquer par le fait que ces fonctionnaires exercent une plus grande influence sur l'opinion publique, ce qui contribue à perpétuer cette idée.

Référence
BELLUZZO, Walter; ANUATTI-NETO, Francisco; PAZELLO, Elaine T. Répartition des salaires et différentiel public-privé au Brésil. Brazilian Journal of Economics, vol. 59, n° 4, p. 511-533, 2005.


[1] Salaire mensuel standard pour une semaine de travail de 40 heures.

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