Chercheur principal : Bruno Benevit
Auteurs: Joshua Angrist et Victor Lavy
Lieu de l'intervention : Israël
Taille de l'échantillon : 12.188 enfants
Secteur: Éducation
Variable principale d'intérêt : Diplôme d'études secondaires
Type d'intervention : Prix pour la certification
Méthodologie: OLS et Logit
Résumé
Le diplôme de fin d'études secondaires est souvent associé à l'admission à l'université, à une productivité accrue et à des revenus plus élevés. Malgré la valeur économique potentielle de ce diplôme, les taux de réussite varient considérablement d'une société à l'autre en raison de disparités régionales et socio-économiques. Cette étude vise à explorer les avantages liés à l'obtention d'un diplôme de fin d'études secondaires en Israël. Bagrut Pour déterminer l'influence de ces facteurs sur les chances d'obtention de la certification, les auteurs de cette étude ont mené une expérience auprès d'établissements scolaires sélectionnés aléatoirement. À l'aide des méthodes des moindres carrés ordinaires (MCO) et de la régression logistique, les résultats ont montré que seules les filles des établissements sélectionnés ont vu leurs chances de certification augmenter, ce qui accroît leur probabilité d'admission à l'université. Ce résultat s'explique en partie par le temps accru consacré à la préparation aux examens. Aucun effet significatif n'a été observé chez les garçons.
- Problème de politique
En Israël, le diplôme d'études secondaires est une condition préalable formelle à l'admission dans les universités ; il est alors appelé diplôme universitaire. Bagrut. D'après Angrist et Lavy (2009), les titulaires d'une certification perçoivent des salaires supérieurs de 25 %. Toutefois, on observe d'importantes disparités au sein de la société israélienne quant aux taux d'obtention de ces certifications. Bagrut Les disparités entre les régions découlent du contexte socio-économique des élèves. Les éducateurs israéliens ont mis en place divers programmes visant à modifier cette situation, mais sans résultat probant. Par conséquent, les décideurs politiques doivent identifier les incitations économiques à l'origine de ce phénomène.
- Contexte de mise en œuvre et d'évaluation
l'obtention de la Bagrut Il s'agit d'une série d'examens nationaux portant sur des matières obligatoires et optionnelles, qui débutent en seconde et se terminent en terminale. Le certificat de baccalauréat (Bagrut) est généralement obtenu à la fin de la dernière année (ou plus tard), année où se déroule la plupart des examens. Les élèves choisissent des épreuves de différents niveaux de difficulté. Chaque épreuve attribue de un à cinq crédits par matière, selon le niveau de difficulté choisi. Pour obtenir le certificat de baccalauréat, les élèves doivent… Bagrut Un minimum de 20 unités de crédit est requis, bien que certains programmes d'études en exigent davantage et/ou une répartition minimale des crédits. Selon le ministère israélien de l'Éducation (2001), environ 52 % des élèves du secondaire ont obtenu un certificat d'inscription au cours des promotions 1999 et 2000.
Cet article a mené une expérience randomisée avec le Récompenses de réussite, un projet qui offrait des prix en espèces à des élèves de lycée israéliens en difficulté scolaire qui avaient terminé leurs études et obtenu de bons résultats. BagrutLa nécessité d'intégrer le marché du travail et les incertitudes liées au retour sur investissement des études peuvent expliquer ce phénomène. Dans ce contexte, une aide financière immédiate peut constituer un outil efficace pour encourager ces étudiants à s'inscrire au baccalauréat.
- Détails de la politique/du programme
L'expérience a été menée en décembre 2000 et a porté sur 40 établissements d'enseignement secondaire non professionnel présentant les taux les plus faibles de Bagrut Le programme s'appuyait sur un classement national de 1999. De plus, seules les écoles affichant un taux supérieur au seuil minimal de 3 % ont été sélectionnées, celles présentant des taux extrêmement faibles étant peu susceptibles d'en bénéficier. Le nombre total d'écoles participantes était limité par le budget du programme, fixé à environ 650 000 dollars. La liste des écoles participantes comprenait 10 écoles religieuses arabes, 10 écoles religieuses juives et 20 écoles laïques juives. L'attribution des services, des prix et des certificats était conforme à la loi. BagrutLe processus de sélection était aléatoire. Seules les écoles sélectionnées pour le traitement ont été informées du programme. La sélection a utilisé une stratégie d'appariement qui a associé les écoles de traitement et les écoles témoins en fonction des valeurs décalées du taux moyen de Bagrut de 1999.
- Méthode
Les données du point de départ (de baseLes données de cette étude ont été recueillies en janvier 2001, et le principal résultat pour la cohorte d'écoles ayant bénéficié de l'intervention a été recueilli en juin 2001. Des enquêtes complémentaires ont été menées entre 2001 et 2002 afin de recueillir des données sur les résultats des examens. Ces données comprennent les résultats de… BagrutL'étude a analysé les caractéristiques des écoles, les informations socio-économiques de base et les résultats scolaires insuffisants des élèves. L'échantillon était composé de 12 188 élèves répartis dans les 39 écoles participant à l'expérience ; parmi eux, 6 267 étaient des garçons et 5 921 des filles, sur la période allant de 2000 à 2002.
Cet article présente plusieurs analyses visant à étudier les effets de l'expérience. Deux modèles économétriques ont été établis. Le premier modèle prend en compte les coefficients de l'intervention relative à l'attribution de la certification au sein de l'établissement (traitement), les caractéristiques de l'établissement et les caractéristiques socio-économiques des familles des élèves. Le second modèle intègre de nouvelles variables issues des mesures décalées des scores obtenus aux examens antérieurs à 2001. Dans la première analyse, les auteurs ont vérifié les effets marginaux de l'expérience en utilisant les méthodes des moindres carrés ordinaires (MCO) et logit pour estimer les deux modèles économétriques, avec et sans prise en compte des effets de pairs au sein des établissements. La seconde analyse applique la méthode logit afin d'identifier, parmi les établissements n'ayant pas participé à l'expérimentation en 2001, le profil des élèves présentant les meilleures chances marginales de bénéficier de l'intervention.
Afin d'identifier le profil des élèves ayant le plus bénéficié du dispositif, plusieurs autres analyses ont été réalisées à l'aide de modèles Logit présentant différentes spécifications, en ignorant le niveau d'instruction des mères ou en intégrant des effets fixes liés aux établissements scolaires. De plus, les effets ont été estimés pour différents sous-groupes en tenant compte de la distribution du score décalé ou de la probabilité de certification.
Pour comprendre quels canaux ont entraîné des changements dans les chances de certification, l'étude a également analysé l'effet de l'expérience sur les variables de résultat liées aux performances scolaires des étudiants : tentatives de crédit, résultats aux examens et chances de satisfaire aux exigences du programme. BagrutEnfin, les auteurs ont cherché à savoir si l'augmentation des chances d'obtention de la certification se traduisait par une plus grande probabilité d'accéder à l'enseignement supérieur.
- Principaux résultats
Les résultats de toutes les analyses ont démontré que l'attribution de prix aux élèves des établissements scolaires en difficulté n'avait aucun effet sur le taux de certification des garçons. En revanche, les résultats concernant les filles indiquent une augmentation de ce taux. Cet effet s'explique par le fait que les filles ont davantage de chances d'obtenir leur certification, ce qui représente une hausse d'environ 10 % dans les modèles qui prennent en compte les effets fixes liés à l'établissement. L'analyse des données de l'enquête de suivi du ministère de l'Éducation (2001) suggère que cet effet pourrait s'expliquer par le temps plus important que les filles consacrent aux études dans le cadre des cours préparatoires à l'examen. Bagrut.
Concernant les mécanismes expliquant comment la modification des incitations a influencé le parcours scolaire des étudiants, les résultats montrent des effets positifs chez les filles. On observe une augmentation des tentatives d'obtention de 20 unités de crédit, des chances d'obtenir 18 et 20 unités de crédit, ainsi que de la répartition des exigences aux épreuves de mathématiques et de rédaction. Là encore, aucun effet significatif n'a été constaté chez les garçons. Cette différence de réaction aux incitations financières pour l'enseignement supérieur pourrait expliquer ce comportement.
L'augmentation observée du taux de certification des étudiantes s'est traduite par une hausse des inscriptions dans l'enseignement supérieur. Cet effet s'est manifesté dans la moitié supérieure de la distribution des scores décalés, avec une augmentation de 12 à 13 points de pourcentage dans le quatrième quartile et d'environ 7 points de pourcentage dans la moitié supérieure.
- Leçons de politique publique
Dans cet article, les auteurs ont mené une expérience randomisée dans des écoles afin d'évaluer l'impact de l'attribution de prix à tous les élèves ayant obtenu leur diplôme de fin d'études secondaires. Les résultats ont montré une augmentation significative du taux de réussite chez les filles, mais aucun effet significatif n'a été observé chez les garçons. Les élèves de sexe féminin concernées appartenaient déjà au groupe présentant une forte probabilité de réussite, ce qui indique que l'expérience n'a pas permis d'améliorer les chances de réussite des élèves ayant de faibles résultats scolaires. L'augmentation du taux de réussite des filles s'est traduite par une augmentation de leurs chances d'admission à l'université. De plus, cette augmentation était en partie due au fait que les élèves de sexe féminin des écoles participantes ont consacré davantage de temps à la préparation des examens. Aucun effet négatif lié à l'attribution de prix aux élèves n'a été constaté.
Références
Angrist, J. et Lavy, V. (2009), « Les effets des prix de réussite scolaire à enjeux élevés : preuves issues d'un essai randomisé », American Economic Review, Vol. 99 n° 4, p. 1384–1414.
Ministère de l'Éducation d'Israël. 2001. Statistiques des résultats de l'examen de fin d'études secondaires (Bagrut), 2000. Jérusalem : Bureau du scientifique en chef du ministère de l'Éducation.