Chercheur principal : Eduarda Miller Figueiredo
Lieu de l'intervention : Brasil
Taille de l'échantillon : 350 XNUMX fermes
Secteur: Environnement
Variable principale d'intérêt : -
Type d'intervention : Information, assistance technique, crédit et paiement.
Méthodologie: Un autre
Le gouvernement brésilien cherche simultanément à réduire les émissions liées aux changements agricoles et à garantir les moyens de subsistance et le bien-être des producteurs ruraux. Le Plan pour une agriculture à faible émission de carbone a été lancé comme stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à une ligne de crédit rurale à faible taux d'intérêt qui encourage la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles. Le Projet pour une agriculture durable promeut des technologies agricoles à faible émission de carbone destinées aux petits et moyens exploitants. À travers ces programmes, l'objectif est d'inciter les agriculteurs sur des terres privées à adopter de bonnes pratiques agricoles contribuant à atténuer le changement climatique.
Problème de politique
Au Brésil, la production agricole est responsable de 32 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, et cette part devrait augmenter au cours des prochaines décennies. Cette augmentation est conforme à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).[1] et par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)[2]En effet, cela contribuera à stimuler l'économie nationale, à répondre à la demande internationale croissante de produits alimentaires, et le pays s'est engagé à réaliser cette augmentation de la production agricole de manière durable.
Par conséquent, le gouvernement brésilien, ainsi que les agences donatrices, les banques et les ONG, recherchent des moyens de réduire les émissions liées aux changements dans l'agriculture et l'utilisation des terres, tout en assurant les moyens de subsistance et le bien-être des producteurs ruraux.
Contexte de mise en œuvre et d'évaluation
Le Plan pour une agriculture à faible émission de carbone (Plan ABC) a été lancé en 2010 comme stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce plan consiste en une nouvelle ligne de crédit agricole à taux d'intérêt bas destinée à financer la mise en œuvre de bonnes pratiques agricoles contribuant à l'atténuation du changement climatique et à l'adaptation à celui-ci par la réduction des émissions de gaz à effet de serre et/ou la séquestration du carbone.
Au Brésil, les pratiques agricoles à faibles émissions de carbone comprennent la restauration des zones forestières dégradées, le développement de forêts plantées commerciales, la gestion des forêts naturelles, le développement de systèmes intégrés agriculture-élevage-foresterie, ainsi que des technologies non forestières pour la restauration des pâturages dégradés, la fixation biologique de l'azote, l'agriculture sans labour et la gestion du fumier.
Détails de la politique/du programme
Grâce aux prêts du programme ABC, plus de 13,2 milliards de réaux ont été octroyés aux producteurs ruraux (MAPA, 2016). Cependant, les montants prêtés en 2015-2016 étaient inférieurs de 45 % à ceux de 2014-2015, et ce ralentissement du recours au programme pourrait s'expliquer par : (i) une hausse des taux d'intérêt, passés de 5 % à 8 % (en moyenne) ; et/ou (ii) l'existence d'autres lignes de crédit, non axées sur les technologies agricoles bas carbone, mais assorties de taux d'intérêt plus bas. Cela laisse présager que le Brésil n'atteindra pas les objectifs fixés en matière d'actions d'atténuation nationales appropriées.[3] jusqu'en 2020.
Le Projet de développement rural durable encourage une agriculture à faibles émissions de carbone, notamment la restauration et la gestion des forêts, grâce à un ensemble de mécanismes visant à lever les obstacles à la participation au Plan ABC et au programme de crédits ABC. Il facilite l'accès à l'information, à l'assistance, au crédit rural et aux incitations financières.
Ce projet crée les conditions propices à l'interaction et à la complémentarité de différentes approches mécanistes. Si l'information, l'assistance technique, le crédit rural et les incitations financières sont nécessaires, mais individuellement insuffisants pour susciter des changements de comportement chez les producteurs ruraux, un projet intégrant ces quatre éléments de manière cohérente a plus de chances de réussir que des actions n'en promouvant qu'une ou deux.
Méthode
Le Projet de développement rural durable, lancé en 2013, vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à lutter contre la pauvreté et à promouvoir le développement rural. Il encourage quatre technologies agricoles à faible émission de carbone, notamment la restauration et la gestion des forêts. Le projet cible les petits et moyens exploitants agricoles dans 70 municipalités réparties dans les États brésiliens suivants : Pará, Mato Grosso, Rondônia, Bahia, Minas Gerais, Paraná et Rio Grande do Sul. Ce projet est financé par le Fonds international pour le climat.[4] et le ministère britannique de l'Environnement et des Affaires rurales[5], mis en œuvre par la Banque interaméricaine de développement (BID)[6].
Grâce à un appel public, un certain nombre d'exploitations agricoles ont été identifiées dans les sept États du projet, et désignées comme unités de démonstration (UD).[7]Dans ces exploitations, l'une des quatre technologies bas carbone du projet était déjà mise en œuvre, indépendamment du projet lui-même. Des journées portes ouvertes ont été organisées dans les unités de développement (UD), où les agriculteurs intéressés étaient invités à observer et à découvrir le processus et les avantages de la mise en œuvre de ces technologies. Ces journées ont permis de diffuser des informations sur les opportunités offertes par le Plan et Programme pour une agriculture bas carbone (ABC). Le projet vise ainsi à implanter 350 UD dans les sept États brésiliens, qui accueilleront 2 600 journées portes ouvertes. Les participants au projet peuvent accéder à des formations pendant ces journées, grâce à des cours en ligne et aux informations disponibles sur le site web.
Les agriculteurs peuvent hésiter à adopter des pratiques nouvelles et inconnues ; c’est pourquoi le projet propose des paiements basés sur les résultats aux équipes d’agents de vulgarisation agricole dont les propositions sont approuvées et mises en œuvre avec succès. Le paiement étant conditionné par la réussite du projet, il incitera les deux parties à poursuivre leur collaboration jusqu’à son terme.
Principaux résultats
Le volet principal du projet « Rural durable » consiste à encourager des équipes d'agriculteurs et d'agents de vulgarisation à élaborer et à soumettre conjointement des propositions qui, si elles sont financées, permettraient la mise en œuvre d'une ou plusieurs technologies agricoles à faibles émissions de carbone sur l'exploitation. Ces propositions doivent être éligibles à un prêt du programme ABC, afin de maximiser leur financement principal. Les exploitations qui mettent en œuvre une proposition avec succès sont appelées Unités de Multiplication (UM), le projet visant à créer dix fois plus d'UM que d'Unités de Développement (UD).
Les quatre technologies agricoles à faible émission de carbone promues par le projet impliquent toutes la restauration ou la gestion des forêts. Ainsi, le projet peut contribuer aux efforts de restauration et de gestion forestière des petits et moyens exploitants agricoles brésiliens sur des terres privées. La restauration et la gestion des forêts peuvent ainsi générer des bénéfices tant privés que publics. Elles permettent d'accéder aux ressources naturelles (alimentation, bois de chauffage et bois d'œuvre), de restaurer ou de maintenir les services écosystémiques et de diversifier les moyens de subsistance. De plus, elles aident les agriculteurs à se conformer au Code forestier brésilien.
Enfin, la restauration forestière à grande échelle contribuera à ce que le Brésil atteigne ses objectifs d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, notamment un objectif de reboisement de 20 millions d’hectares. De même, il est important de souligner que la restauration forestière et la plantation de forêts commerciales sur des terres dégradées offrent également un potentiel important de séquestration du carbone.
L'Embrapa, l'agence brésilienne de recherche agricole, pilote les recherches sur les résultats du projet. Par conséquent, les auteurs soulignent qu'une certaine incertitude subsiste quant à l'ampleur de son impact.
Leçons de politique publique
La restauration forestière à grande échelle sur des terres privées représente un défi de taille compte tenu du grand nombre d'agriculteurs nécessaires à sa mise en œuvre ; par conséquent, le succès du projet repose sur la capacité à convaincre les agriculteurs de modifier leurs pratiques agricoles. Toutefois, si la combinaison d'informations, d'assistance technique, de crédits et de paiements basés sur les résultats suffit à inciter un nombre significatif d'agriculteurs à adopter une agriculture sobre en carbone, le projet permettra de tirer des enseignements précieux sur la manière de conjuguer les interventions de gouvernance pour un développement environnemental et socio-économique.
Références
MAPA (2016). Le programme ABC a débloqué 2 milliards de reais de crédits pour la campagne agricole 2015/2016. Ministère de l'Agriculture, de l'Élevage et de l'Approvisionnement. Disponible sur : http://www.agricultura.gov.br/comunicacao/noticias/2016/08/programa-abc-liberou-rs-2-bi-em-credito-no-ano-safra-20152016
[1] Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
[2] Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.
[3] Mesures d'atténuation appropriées à l'échelle nationale.
[4] Fonds international pour le climat.
[5] Ministère de l'Environnement et des Affaires rurales du Royaume-Uni (Defra).
[6] Banque interaméricaine de développement.
[7] Unités de démonstration.