Chercheur principal : Eduarda Miller de Figueiredo
Titre de l'article : TRANSFERTS PARTISANS STRATÉGIQUES DANS UNE FÉDÉRATION FISCALE : DONNÉES ISSUES D'UNE NOUVELLE BASE DE DONNÉES BRÉSILIENNE
Auteurs de l'article : Mauricio Bugarin et Fernanda Marciniuk
Lieu de l'intervention: Brésil
SetorPolitique économique et gouvernance
Type d'interventionEffets des transferts financiers
Principale variable d'intérêtValeur totale des transferts fiscaux discrétionnaires du gouvernement fédéral à chaque municipalité brésilienne.
Méthode d'évaluation: Autres
Problème de politique
Les transferts fiscaux intergouvernementaux constituent un instrument important au sein d'une fédération fiscale, car leurs objectifs consistent à réduire les déséquilibres fiscaux entre les juridictions et à remédier aux externalités liées à... débordements de biens publics, d'améliorer le système fiscal dans son ensemble et de soutenir la stabilisation macroéconomique locale. Ainsi, on garantit à tous les citoyens un accès effectif aux biens et services publics essentiels.
la vision de électeur central Cela suggère qu'un candidat réticent au risque effectuera des transferts plus importants vers les juridictions où il bénéficie d'un fort soutien politique (Cox et McCubbins, 1986). En revanche, du point de vue de… électeur indécisLe candidat proposera d’accorder des avantages aux juridictions où il y a un nombre relativement important d’électeurs indécis, car ce sont eux qui seraient les plus réceptifs aux avantages de ces transferts (Lindbeck et Weibull, 1987).
Du point de vue de l'électeur central, l'hypothèse connue sous le nom d'hypothèse traditionnelle de transfert de parti (TPTH) émerge.[1]Cela fait référence à la mesure du soutien politique d'une municipalité en fonction de l'appartenance de son maire au même parti que son « supérieur » (gouverneur d'État ou président), permettant ainsi à la municipalité de recevoir davantage de transferts intergouvernementaux.
Contexte d'évaluation
Pour le Brésil, la littérature démontre qu'une municipalité reçoit des transferts discrétionnaires nettement plus importants de la part du gouvernement de l'État lorsque le maire appartient au même parti que le gouverneur ou le président (Ferreira et Bugarin, 2005 ; Ferreira et Bugarin, 2007).
Selon Garofalo (2015), le gouvernement fédéral alloue davantage de fonds aux États politiquement alignés sur lui qu'à ceux qui ne le sont pas. Ainsi, le président verse des fonds à l'État politiquement aligné sur le sien et délègue au gouverneur la distribution de ces transferts au sein de cet État. Il existe également l'hypothèse stratégique des transferts partisans (HSTP).[2] Cela implique que le président oriente les transferts vers les administrations municipales où ces transferts seront les plus avantageux, c'est-à-dire lorsque la municipalité concernée appartient à un État qui n'est pas politiquement aligné.
Détails de la police
Les transferts sont classés en deux catégories : obligatoires et discrétionnaires. Les transferts obligatoires sont régis soit par la Constitution fédérale pour les entités fédérées (États et municipalités), soit par une législation spécifique pour les membres de la fédération et les organismes privés sans but lucratif. Les transferts discrétionnaires sont classés comme suit :
- * Pour les organisations de la société civile : pour les organisations de la société civile à but non lucratif, sous forme de subvention pour atteindre des objectifs d’intérêt public.
- * Bénévolat : orienter les ressources vers les entités fédérées sous forme de subventions de coopération, de soutien ou d’aide financière.
- * Par délégation : affectation de ressources à des entités fédératives ou à des consortiums publics pour la mise en œuvre de projets ou d’actions publiques sous la responsabilité exclusive des bénéficiaires.
- * Cas spécifiques : versement direct de fonds dans des cas particuliers où le bénéficiaire n’est pas tenu de respecter les exigences fiscales, généralement dans le cadre de programmes gouvernementaux.
Détails de la méthodologie
En 2012, avec la loi brésilienne sur l'accès à l'information, l'information gouvernementale est devenue librement accessible, notamment les données relatives aux fonctionnaires à différents niveaux de gouvernement, disponibles sur Internet. Les auteurs ont ainsi agrégé toutes les données contractuelles par municipalité et par année, constituant une base de données précise sur les transferts fédéraux aux municipalités brésiliennes.
La principale variable dépendante de cette recherche est la valeur totale des transferts fiscaux discrétionnaires du gouvernement fédéral à chaque municipalité brésilienne entre 1997 et 2012, soit une valeur moyenne d'environ 7,24 milliards de reais (R$). Les variables de contrôle suivantes ont été utilisées : les transferts obligatoires, les impôts locaux, l'orientation idéologique du PT (Parti des travailleurs), l'orientation idéologique du PSDB (Parti social-démocrate brésilien), l'année des élections municipales, l'année de l'élection présidentielle, ainsi que des variables socio-économiques et démographiques. Par ailleurs, les variables relatives à l'appartenance politique ont été classées en trois catégories : maire-président uniquement (lorsque seul le gouverneur appartient à un autre parti), maire-gouverneur-président (les trois appartiennent au même parti) et coalition maire-président (le maire fait partie d'une coalition soutenant le président).
Compte tenu de la nature des données, des modèles de panel à effets fixes et à effets aléatoires ont été utilisés pour estimer les effets possibles.
Résultats
Les résultats démontrent que, Toutes choses étant égales par ailleursSi le maire d'une commune appartient au même parti que le président, alors, en moyenne, cette commune a reçu près de 30 réaux (plus de 15 dollars américains) de plus par habitant en 2012 qu'une commune dont le maire appartient à un parti différent. Par conséquent, le bénéfice annuel moyen estimé pour une commune dont le maire est membre du même parti que le président, sur la période 1997-2012, est d'environ 12,14 dollars américains par citoyen. Ce résultat corrobore l'hypothèse des transferts stratégiques.
Cependant, le résultat était insignifiant lorsque les trois chefs du pouvoir exécutif appartenaient au même parti. Autrement dit, aucun comportement statistiquement significatif n'a été observé dans les transferts fédéraux lorsque les États et les municipalités étaient alignés sur le parti du président.
Un autre constat concerne l'hypothèse du cycle politique brésilien : les transferts discrétionnaires augmentent les années d'élection. On observe ainsi une hausse moyenne des transferts discrétionnaires par habitant d'environ 45 dollars américains les années d'élection présidentielle et d'environ 30 dollars américains les années d'élections municipales.
En résumé, la recherche a corroboré l'hypothèse des transferts de pouvoir du gouvernement fédéral au gouvernement municipal lorsque le maire et le président appartiennent au même parti, contrairement au gouverneur de l'État.
Leçons de politique publique
L’étude démontre l’importance d’une meilleure réglementation des transferts discrétionnaires, afin d’éviter les effets négatifs que peuvent engendrer les transferts stratégiques entre parties.
Référence
BUGARIN, Mauricio ; MARCINIUK, Fernanda. Transferts partisans stratégiques dans une fédération fiscale : données issues d’une nouvelle base de données brésilienne. Journal of Applied Economics, vol. 20, n° 2, p. 211-239, 2017.
[1] Hypothèse traditionnelle des transferts partisans.
[2] Hypothèse du transfert partisan stratégique.