Chercheur principal : Silvio da Rosa Paula
Titre de l'article : L’impact de la loi sur la responsabilité fiscale sur la performance financière et l’exécution budgétaire des municipalités du Rio Grande do Sul de 1997 à 2004
Auteurs de l'article : Sandra Regina Toledo dos Santos et Tiago Wickstrom Alves
Lieu de l'intervention : Rio Grande do Sul, Brésil
Taille de l'échantillon : 419 municipalités dans l'État du Rio Grande do Sul
Secteur: Finances
Type d'intervention : Évaluation de la loi sur la responsabilité fiscale (LRF)
Variable principale d'intérêt : indicateurs de performance financière et budgétaire
Méthode d'évaluation : Évaluation expérimentale (ECR)
Contexte d'évaluation
Après la fin du régime de forte inflation et la consolidation du Plan Réal, de nouveaux défis sont apparus, notamment le contrôle des finances publiques, longtemps facilité par les effets asymétriques de l'inflation sur les finances publiques. Du côté des recettes, la valeur réelle du recouvrement des impôts a été relativement préservée grâce aux mécanismes d'indexation introduits dans la législation fiscale. Du côté des dépenses, le gouvernement a tiré parti de l'inflation pour maîtriser les comptes, car entre l'adoption du budget et le décaissement effectif des ressources, la valeur réelle des dépenses avait déjà été fortement érodée par l'inflation (ABREU). et al., 2014).
Dans ce contexte, on s'attendait déjà à ce que la fin de la forte inflation entraîne une augmentation de la valeur réelle des dépenses publiques. Par conséquent, compte tenu des résultats financiers négatifs des administrations fédérales, étatiques et municipales, tels qu'ils ressortaient de leurs bilans, il est apparu clairement que la gestion publique devait privilégier l'efficacité et une utilisation plus judicieuse des ressources. Face à cette réalité, en 2000, le Congrès a adopté la loi sur la responsabilité budgétaire, qui autorisait l'imposition de restrictions budgétaires strictes aux trois niveaux de gouvernement.
La loi complémentaire n° 101 du 4 mai 2000, dite loi sur la responsabilité fiscale (LRF), est un instrument de gestion de l'administration publique qui établit, au niveau national, les paramètres à respecter en matière de dépenses publiques pour chaque entité fédérative brésilienne (gouvernement fédéral, États et municipalités). Autrement dit, la LRF vise à garantir la santé financière des entités fédératives, en stipulant que toute augmentation des dépenses publiques doit être justifiée par une source de financement appropriée et que les gestionnaires doivent respecter les échéances de chaque mandat, ne pas dépasser le plafond autorisé et transmettre des comptes sains à leurs successeurs.TRÉSOR NATIONAL, 2020).
Détails de la méthodologie
La stratégie employée par les chercheurs repose sur des données de panel comportant une variable binaire, prenant la valeur 0 pour la période antérieure à la mise en œuvre de la Loi sur la responsabilité budgétaire (LRF) et la valeur 1 pour la période postérieure à son entrée en vigueur en mai 2000. L'utilisation de données de panel permet de suivre l'évolution des municipalités dans le temps, afin de mieux appréhender leurs comportements au fil des ans. De manière générale, grâce à cette méthode, les chercheurs cherchent à identifier les effets de la Loi sur la responsabilité budgétaire sur la performance financière et l'exécution budgétaire des municipalités.
Détails de l'intervention
L'analyse porte sur les municipalités de l'État du Rio Grande do Sul, pour la période 1997-2004. Sur les 496 municipalités que comptait l'État en 2006, 419 ont été retenues, 77 ayant subi des modifications territoriales durant la période étudiée ayant été exclues. Les données proviennent des rapports annuels des soldes budgétaires et des indicateurs économiques des municipalités du Rio Grande do Sul. Cour des comptes de l'État (TCE-RS) et l'Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE).
Afin d'évaluer l'impact de la loi sur la responsabilité fiscale sur la performance financière et budgétaire des municipalités du Rio Grande do Sul, neuf indicateurs largement utilisés dans la littérature ont été sélectionnés pour l'analyse. Ces indicateurs et leur description sont présentés ci-dessous.
| Indicateur de crédit supplémentaire (ICA) : L’objectif est de vérifier s’il y a eu une plus grande adéquation dans la planification budgétaire, c’est-à-dire s’il y a eu une augmentation de l’utilisation des crédits supplémentaires après la mise en œuvre de la loi sur la responsabilité fiscale (LRF), ce qui pourrait indiquer des difficultés pour les municipalités à prévoir correctement l’allocation des ressources publiques, compte tenu des dépenses engagées dans la mise en œuvre des politiques publiques entreprises. |
| Indicateur de réalisation des recettes budgétaires (IRRO) : Cela permettra de déterminer s'il y a eu une augmentation moyenne des recettes budgétaires des municipalités après la mise en œuvre de la loi. |
| Indicateur actuel d'exécution budgétaire (IEOC) : Il indique si les mécanismes introduits par la LRF (Loi sur la responsabilité fiscale) ont contribué à l'augmentation des recettes courantes.[1] de la part des municipalités, ce qui pourrait indiquer une maîtrise des dépenses et stimuler une plus grande production d'épargne courante. |
| Indicateur de collecte des recettes fiscales (IRRT) : Cet indicateur met en évidence la pression fiscale exercée sur les municipalités en raison des restrictions imposées aux exonérations de recettes et de la recherche d'efficacité dans cette source de revenus. |
| Indicateur d’investissement (II) : Cet indicateur nous permet de déterminer si la mise en œuvre de la loi a entraîné une plus grande capacité d'investissement par rapport au PIB local. |
| Indicateur de résultat primaire (IRP) : Cette étude vise à démontrer si, après la mise en œuvre de la loi sur la responsabilité fiscale (LRF), la capacité de remboursement de la dette des municipalités a augmenté. |
| Indicateur des opérations de crédit (IOC) : Cela indique si le montant des opérations de crédit est inclus dans la composition des dépenses d'investissement.[2] Elles ont diminué ou augmenté après la mise en œuvre de la loi. |
| Indicateur de l'amortissement de la dette à long terme (IADF) : met en évidence les amortissements de la dette financée.[3] en ce qui concerne les recettes courantes perçues. |
| Indicateur de retour sur la taxe sur la circulation des biens et des services et sur la fourniture de services de transport et de communication interétatiques et intermunicipal (IRICMS) : Cela représente les recettes perçues au titre de l'ICMS (une taxe d'État brésilienne) en fonction de la population résidente de la municipalité. |
Résultats
Les résultats indiquent qu'après la mise en œuvre de la loi sur la responsabilité fiscale, le recours aux crédits supplémentaires a augmenté, comme en témoignent (ICA), ce qui pourrait indiquer des difficultés pour les municipalités les plus pauvres à planifier adéquatement l'allocation des ressources publiques. Quant à (IRRO) indique qu'il y a eu une augmentation moyenne d'environ 8 % des recettes budgétaires des municipalités. Le (IEOCL'analyse indique une augmentation d'environ 9 % de la génération d'épargne courante, ce qui pourrait être lié à la croissance des recettes locales et à la maîtrise des dépenses.IRRT) Les données montrent que la Loi sur la responsabilité fiscale (LRF) a entraîné une hausse de 0,182 de la valeur moyenne de cet indicateur. Ce résultat suggère que les dispositions de la loi, visant à lutter contre la fraude fiscale et à limiter les exonérations de recettes, ont finalement permis d'accroître l'efficacité du recouvrement des impôts.
Dans le contexte des investissements, en examinant l'indicateur (II), ce qui a montré une augmentation d'environ 30 %, démontrant que les municipalités les moins développées économiquement avaient plus de difficultés à réaliser des investissements pour répondre aux besoins sociaux. Concernant le résultat principal, avec le (IRPIl a été constaté que la LRF (Loi sur la responsabilité fiscale) permettait d'accroître la capacité de remboursement de la dette des municipalités, grâce à l'intensification de l'excédent primaire. L'analyse de l'indicateur des opérations de crédit (CIO), on a constaté une réduction de 62 % des opérations de crédit dans les petites municipalités. Quant à (IADF), L'indicateur d'amortissement de la dette n'était pas statistiquement significatif ; toutefois, sa relation avec le PIB suggère que les municipalités les plus riches ont pu amortir leurs dettes plus intensément. Enfin, nous avons l'indicateur (IRICMS), ce qui montre qu'après l'introduction de la LRF (Loi sur la responsabilité fiscale), il y a eu une augmentation significative de son coefficient estimé, indiquant des recettes plus élevées collectées grâce à l'ICMS (Taxe sur la circulation des biens et services) par rapport à la population résidente de la municipalité.
De manière générale, après la mise en œuvre de la loi sur la responsabilité fiscale, on a constaté une augmentation de l'efficacité de la planification et de l'exécution des recettes et des dépenses municipales, comme en témoignent l'augmentation de la capacité de remboursement des dettes, le solde de l'excédent primaire et l'augmentation des recettes fiscales dans les municipalités du Rio Grande do Sul.
Leçons de politique publique
La loi sur la responsabilité budgétaire a renforcé la transparence des comptes publics et favorisé une participation accrue de la société civile au contrôle des ressources publiques et à la lutte contre la fraude. Actuellement, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) et organisations de la société civile d'intérêt public (OSCIP) surveillent les dépenses publiques au regard de cette loi, permettant ainsi d'éviter chaque année des pertes de plusieurs millions d'euros pour les finances publiques.
Référence
DOS SANTOS, Sandra Regina Toledo ; ALVES, Tiago Wickstrom. L’impact de la loi sur la responsabilité fiscale sur la performance financière et l’exécution budgétaire des municipalités du Rio Grande do Sul de 1997 à 2004. Revue brésilienne d’administration publique, vol. 45, n° 1, p. 181-208, 2011.
[1] Revenus actuels : Il s'agit de la somme des recettes fiscales, des cotisations, des revenus fonciers, des revenus agricoles, des revenus industriels, des revenus de services et des autres revenus.
[2] Dépenses en capital : Il s'agit de dépenses liées à l'acquisition de machines et d'équipements, à l'exécution de travaux, à l'acquisition d'actions de la société, à l'acquisition de biens immobiliers et à l'octroi de prêts à des fins d'investissement.
[3] Amortissement Il s'agit de la réduction progressive d'une dette par des paiements périodiques.