Quel est l’impact des capacités économiques et de la génération de recettes publiques sur le développement humain ?

Chercheur principal : Viviane Pires Ribeiro

Titre de l'article : L’influence des capacités économiques et de la génération de recettes publiques sur le développement humain.

Auteurs de l'article : Wesley de Almeida Mendes, Marco Aurélio Marques Ferreira, Luiz Antônio Abrantes et Evandro Rodrigues de Faria

Lieu de l'intervention : Brasil

Taille de l'échantillon : municipalités brésiliennes

Thème principal : Économie politique et gouvernance

Type d'intervention : Impact de la capacité économique des municipalités et de la génération de revenus sur le niveau de développement humain dans les municipalités brésiliennes.

Variable principale d'intérêt : Développement humain

Méthode d'évaluation : Évaluation expérimentale (ECR)

Contexte d'évaluation

Selon Mendes et al. (2018), le développement humain englobe différentes dimensions sociales ; il s’agit d’un processus de changement et d’interaction entre l’économie locale et la qualité de vie de la population, prenant en compte les conditions sociales, politiques et culturelles. Bien que le développement humain soit généralement considéré comme un processus multidimensionnel incluant des variables telles que la santé, l’éducation et la nutrition, certains affirment que la capacité économique d’un pays en est une composante essentielle.

Pour promouvoir le développement humain, la coordination étatique est indispensable à l'élaboration et à la mise en œuvre de politiques publiques sociales susceptibles d'améliorer les conditions de vie de la population. Ainsi, parmi les entités fédérées, la municipalité, de par sa proximité avec les citoyens, est la mieux placée pour cerner leurs besoins et définir les priorités en matière de politiques publiques. Toutefois, les recettes propres de nombreuses municipalités sont insuffisantes pour couvrir une partie de la demande sociale en matière de politiques publiques, ce qui engendre une forte dépendance aux transferts intergouvernementaux. Dans ce contexte, les auteurs soulignent l'importance de la croissance économique pour le développement humain et s'attachent à identifier les liens structurels entre capacité et profil économiques, recettes propres, transferts financiers et développement humain.

Détails de l'intervention

Mendes et al. (2018) identifient les relations structurelles entre la capacité et le profil économiques, les recettes propres, les transferts financiers et le développement humain. Leurs recherches s'appuient sur des données secondaires, la variable dépendante étant fournie par la Fédération des industries de l'État de Rio de Janeiro (Firjan), et sur des données relatives au budget municipal issues du Trésor national et de la base de données Finbra (Brésil des finances publiques), ainsi que sur le PIB, recueilli sur le site web de l'Institut brésilien de géographie et de statistique (IBGE).

L'unité empirique d'analyse était constituée des municipalités brésiliennes entre 2007 et 2013. Ce choix s'explique par la disponibilité de données pour toutes les municipalités de 2006 à 2015, seules les valeurs 2007-2013 présentant des valeurs fiables. Les chercheurs ont également pris en compte, au sein de cette période, le début des cycles politiques étatiques et fédéraux, ainsi que l'intégralité du cycle politique municipal, soit deux ans avant et un an après, ce qui leur a permis de saisir les variations liées au calendrier électoral.

Détails de la méthodologie

Afin d'atteindre l'objectif proposé, Mendes et al. (2018) traitent les données à l'aide d'un modèle statistique de régression logistique sur données de panel. Cette méthodologie consiste à analyser les données de différents individus au fil du temps. La variable dépendante du modèle est l'Indice de développement municipal de Firjan (IDMF), un indicateur développé par Firjan qui englobe la santé, l'éducation et le revenu, et dont les valeurs varient de 0 à 1 ; plus la valeur est proche de 1, meilleur est le développement. Les variables indépendantes sont : le produit intérieur brut (PIB) par habitant ; le PIB des services par habitant ; le PIB agricole par habitant ; les recettes propres par habitant provenant de la taxe foncière urbaine (TFU) ; les recettes propres par habitant provenant de la taxe sur les transferts entre vifs de biens immobiliers (TTVI) ; les recettes propres par habitant provenant de la taxe sur les services de toute nature (TSSN) ; les taxes municipales par habitant ; les transferts de ressources par habitant effectués par l'Union aux municipalités ; et les transferts de ressources par habitant effectués par l'État auquel appartient la municipalité.

Résultats

Les résultats indiquent que toutes les variables incluses dans le modèle sont statistiquement significatives au seuil de 1 %. Ces résultats mettent en évidence l'importance du PIB des secteurs industriel et agricole, ainsi que du volume des transferts intergouvernementaux, en tant que facteurs influençant le développement humain. Le PIB industriel s'est avéré le plus pertinent, ce qui se justifie par l'augmentation du volume technologique et l'amélioration des conditions de vie de la population induites par l'industrialisation. La valeur positive du secteur agricole souligne son importance historique et économique, avec une productivité élevée, illustrant le rôle majeur de l'agriculture brésilienne sur la scène internationale, outre la haute technologie appliquée au processus de production.

En revanche, le PIB des services était la seule variable du modèle à avoir un effet négatif sur le développement humain, bien que son importance ne puisse être négligée. Ce constat s'explique par sa présence dans toutes les municipalités brésiliennes, notamment les plus petites, souvent caractérisées par des infrastructures urbaines, sociales et économiques insuffisantes et, par conséquent, une faible valeur ajoutée concentrée dans ce secteur économique. Concernant les recettes propres, l'ISSQN (Taxe sur les Services de Toute Nature) était l'impôt le plus pertinent, du fait de son assiette urbaine et de son lien avec la capacité économique et la taille de la municipalité. Les transferts intergouvernementaux étaient plus significatifs, en particulier ceux effectués par le gouvernement fédéral.

Leçons de politique publique

Comment la capacité économique des municipalités et la formation de leurs recettes fiscales, ainsi que les transferts intergouvernementaux, influencent-ils le niveau de développement humain dans les municipalités brésiliennes ? Les résultats de Mendes et al. (2018) indiquent que le secteur industriel se caractérise par un effet d'agrégation du volume économique et une contribution à l'amélioration des conditions sociales. L'agriculture, autre secteur important, joue également un rôle déterminant dans le développement humain. De ce fait, ces secteurs exigent du secteur public des améliorations de la qualité de l'éducation, de la santé et des infrastructures ; en contrepartie, ils créent davantage d'emplois et génèrent un volume de recettes fiscales plus important.

Sur le plan financier, les auteurs affirment que la génération de recettes publiques est essentielle à l'amélioration du développement humain, les transferts intergouvernementaux jouant un rôle prépondérant compte tenu du volume plus important des fonds disponibles. Nombre de ces transferts ont des objectifs précis, comme ceux du Système unifié de santé (SUS) et du Fonds pour le maintien et le développement de l'éducation de base et le perfectionnement des professionnels de l'éducation (Fundeb), qui visent à pérenniser les programmes sociaux axés sur la santé publique et l'éducation de base. Toutefois, malgré l'importance de la disponibilité des ressources pour le développement humain, leur utilisation judicieuse est indispensable, ce qui met en lumière la performance de la gestion publique, notamment dans sa capacité à générer des recettes pour l'investissement et l'amélioration des conditions sociales.

Références

Mendes, W. de A., Ferreira, MAM, Abrantes, LA et Faria, ER de. (2018). L'influence de la capacité économique et de la formation des recettes publiques sur le développement humain. Revue de l'administration publique, 52 (5), 918-934.