Ce professeur de l'IDP est l'un des auteurs de la plainte qui a déclaré inconstitutionnelle la restriction imposée aux dons de sang par les hommes homosexuels.

[vc_row el_id=”post”][vc_column width=”2/3″ el_class=”sideLeftPost”][vc_raw_html el_id=”postImgDestaque”]JTNDZGl2JTIwY2xhc3MlM0QlMjJpbnNlcnRJbnNpZGUlMjIlM0UlM0MlMkZkaXYlM0U=[/vc_raw_html][vc_empty_space][vc_column_text]

 

Ce mois-ci, la Plénière du Tribunal suprême fédéral (TSF) a jugé inconstitutionnelles les dispositions réglementaires du ministère de la Santé et de l'Agence nationale de surveillance sanitaire (Anvisa) qui excluaient de la liste des personnes éligibles au don de sang les hommes qui avaient eu, au cours des 12 derniers mois, des relations sexuelles avec d'autres hommes et/ou leurs partenaires sexuels.

Rafael Carneiro, professeur à l'IDP, était l'un des auteurs de la plainte. Nous l'avons rencontré pour en savoir plus sur son expérience dans cette affaire et les conséquences de ce jugement pour le Brésil. Découvrez l'interview ci-dessous.

 

  1. Pourquoi les règlements du ministère de la Santé et de l'Agence nationale de surveillance sanitaire (Anvisa) étaient-ils inconstitutionnels ?

Parce qu'ils traitaient les personnes selon la notion de « groupe à risque », une notion discriminatoire et préjudiciable. Les règles interdisaient le don de sang en fonction de l'orientation sexuelle, et non des comportements à risque individuels ; or, ce sont ces derniers qui devraient déterminer l'existence ou non d'un risque. Traiter les personnes comme des « groupes à risque » en fonction de leur orientation sexuelle est discriminatoire et préjudiciable, et donc inconstitutionnel. 

  1. Comment s'est déroulé tout le processus ?

L'idée d'intenter une action en justice m'est venue en 2016 lorsqu'un stagiaire du cabinet m'a informé de l'existence de cette règle. Nous en avions déjà entendu parler ; ce n'était pas une nouvelle règle, mais je n'avais jamais ressenti le besoin d'étudier le sujet et d'approfondir son analyse.

En étudiant ce sujet, j'ai constaté que plusieurs pays avaient des règles similaires, mais qu'ils les avaient abolies. C'est le cas, par exemple, de l'Argentine, du Chili, du Portugal, de l'Espagne et de l'Afrique du Sud. Ils les ont supprimées précisément parce qu'ils ont réalisé leur caractère discriminatoire.

Ces règles ont vu le jour dans les années 80, à une époque où les causes du VIH étaient encore mal connues, associant le sida à des groupes spécifiques. Avec le temps, elles se sont révélées discriminatoires, et plusieurs pays les ont abolies.

Le Brésil ne l'a pas fait. Aussi, lorsque j'ai eu l'occasion de l'étudier en profondeur en 2016, j'ai décidé d'intenter une action en justice, conjointement avec le Parti socialiste brésilien (PSB), qui était la partie plaignante. Le procès a débuté puis a été interrompu en 2017, suite à une demande de révision. Il a repris et s'est conclu en 2020.

  1. Qu'avez-vous ressenti en tant que l'un des auteurs de la plainte ?

C’est un honneur et une grande joie d’avoir participé, signé et plaidé devant la Cour suprême fédérale (CSF) en séance plénière. Il s’agit d’une affaire capitale qui traite des droits fondamentaux, du principe d’égalité et de la lutte contre les préjugés. Ce jugement marque une étape importante dans l’histoire de la CSF et apporte solidarité et réconfort en ces temps de pandémie.

  1. Est-il temps de célébrer, ou êtes-vous conscient qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine ?

Je comprends que le monde universitaire doit se rapprocher de la réalité, du quotidien. De nombreuses règles méritent d'être réexaminées et approfondies. Il est important de célébrer cette victoire historique, mais il est tout aussi essentiel de rester vigilants afin de réduire davantage les inégalités et les discriminations.

  1. Quelles sont les implications de ce résultat pour le Brésil ?

Le Brésil a donné, sur la scène internationale, l'exemple d'une gestion publique précaire et de difficultés à résoudre les problèmes liés à la pandémie. Ce résultat, cependant, offre un exemple clair et positif de notre système judiciaire et de la Cour suprême fédérale. Il démontre au monde la nécessité du respect des minorités et de la solidarité en ces temps difficiles. url(http://homologacao.idp.edu.br/wp-content/uploads/2018/02/bn_contato_idp-1980×300-1.jpg?id=5274) !important;background-position: center !important;background-repeat: no-repeat !important;background-size: cover !important;}” el_class=”postCTA”][vc_column][themeum_action alignment=”left” title=”VOUS AVEZ ENCORE DES QUESTIONS ?” title_style=”customstyle” title_heading=”h2″ title_size=”20″ title_color=”#ffffff” title_weight=”800″ title_margin=”53px 0 0″ title_padding=”0″ btn_position=”btnright” btntext=”CONTACTEZ-NOUS” btnurl=”/contact/” btntype=”white” btnsize=”btn-lg”][/vc_column][/vc_row]